Historique

Notre histoire

Les premiers défrichements à l’emplacement de la future paroisse Sainte-Marguerite-de-Blairfindie débutent autour de 1750 sous le Régime français. Pour entendre la messe, les premiers colons se rendent alors jusqu’à Saint-Jean-François-Régis (Saint-Philippe), une localité voisine. Par la suite, dès 1768, l’arrivée massive d’Acadiens spoliés de leur terre vient accroître considérablement le nombre de résidents sur le territoire.

Le 5 août 1782, suite à une requête des habitants qui souhaitent obtenir le droit de s’ériger en paroisse, de bâtir une église et d’accueillir un curé résident, Mgr Jean-Olivier Briand, évêque de Québec dépêche sur les lieux M. Jean-Gabriel Brassier, directeur du Séminaire de Saint-Sulpice de Montréal. Ainsi, on détermine que les différentes bâtisses seront sises en la baronnie de Longueuil, sur une presqu’île. Le 27 octobre 1783, l’évêque de Québec ordonne la mise en œuvre du chantier et offre sainte Marguerite d’Écosse comme patronne à la future paroisse, qu’on nomme à présent Blairfindie. Durant l’été 1800, les travaux de fondation débutent, puis le 2 septembre, la pierre angulaire est bénite. Enfin, la bénédiction solennelle de l’église est effectuée le 23 décembre 1801.

Avec son chemin couvert (v.1822) et ses dépendances, soit le presbytère (v.1821) et la maison du sacristain (1831), l’église Sainte-Marguerite-de-Blairfindie constitue la pièce maîtresse d’un ensemble architectural remarquable au Québec, qui sera d’ailleurs restauré en 1955 sous l’autorité de Gérard Morisset, alors secrétaire de la Commission des monuments historiques de la province de Québec. De plus, en tant qu’immeuble patrimonial classé par un arrêté ministériel en 1957, l’église bénéficie d’une aire de protection. Enfin, soulignons que l’église de L’Acadie renferme vingt-trois objets patrimoniaux classés, comprenant entre autre différentes pièces d’un ensemble sculpté unique au Québec, soit une œuvre réalisée principalement par Jean Georges (1747-1839) et Louis Daniel Finsterer (1791-1849), un décor peint exécuté par trois générations d’artistes (Louis Dulongpré (1759-1843), Yves Tessier (1800-1847) et Joseph-Thomas Rousseau (1852-1896)), ainsi que divers éléments d’orfèvrerie (Pierre Huguet dit Latour (1749-1817), Ignace-François Delezenne (1718-1790) et André-Zéphirin Grothé (1809-1870)).

Marilou Desnoyers, Historienne de l’art


Chronologie des faits historiques

Cette chronologie d’événements marquants de l’histoire du village de L’Acadie a été rendue possible grâce à la consultation des ouvrages de l’abbé Stanislas Albert Moreau, de M. Pierre Brault et de Madame Nicole Martin-Verenka, historiens de L’Acadie. Elle a été complétée et enrichie par Madame Marilou Desnoyers, historienne de l’Art et spécialiste de l’art religieux de l’église Sainte-Marguerite-de-Blairfindie et par M. Christian Poupart, coordonnateur de l’Ensemble patrimonial de L’Acadie.

À partir de 1750
Installation de colons français, début de la colonisation sur le territoire de L’Acadie.
1763
Promulgation du gouverneur britannique Murray permettant aux Acadiens dispersés depuis le Grand Dérangement de 1755 de rentrer en Nouvelle-France.
1768
Arrivée massive d’un groupe de 500 colons acadiens au Fort Saint-Jean. Ils viennent s’installer sur le territoire de L’Acadie alors nommé Petite-Rivière-de-Montréal.
1782-1783

Leur nombre le justifiant, les fidèles de L’Acadie adressent une requête à l’évêque de Québec, Mgr Jean-Olivier Briand, pour obtenir la fondation de leur propre paroisse.

Autorisation épiscopale accordée.

Le 2 septembre : le colon d’origine acadienne, JACQUES HÉBERT, fait don du terrain pour la construction de l’église et de ses dépendances. Le premier presbytère-chapelle sera construit en 1782-1783 sur le site de l’actuel presbytère.

1784
Arrivée du premier curé résident, M. Charles Chauvaux.
1790
Acquisition de la cloche actuelle nommée Marie-Marguerite.
1795
Pétition adressée à Mgr Jean-François Hubert demandant la construction d’une église paroissiale.
1800-1801

Le 2 septembre 1800 : bénédiction de la pierre angulaire et début de la construction de l’église..

Le 28 septembre 1800 : La Fabrique signe un contrat avec JEAN GEORGES FINSTERER (1747-1839), artisan originaire de Bavière, pour « un tabernacle et un maître-autel peints et dorés » et pour la confection de « 10 chandeliers de bois argenté et un crucifix ».

Le 23 décembre 1801 : bénédiction solennelle de l’église et ouverture au culte.

1802

Installation du maître-autel dans l’église. Le tabernacle suit en 1803.

La Fabrique paie 800 livres au peintre LOUIS DULONGPRÉ (1759-1843) pour un tableau représentant sainte Marguerite reine d’Écosse (1er tableau au-dessus du maître-autel). Les tableaux représentant saint René et Marie au tombeau rejoignent aussi le décor à ce moment-là.

1804

Livraison de la chaire et de son abat-voix.

En 1806, le même artisan, JEAN GEORGES FINSTERER, livre les animaux de la crèche et des lustres.

1811-1823

Le fils de Jean Georges Finsterer, LOUIS DANIEL FINSTERER prend la relève de son père. En 1811, il produit le banc d’œuvres qui est peinturé et doré, un lustre pour le chœur et un premier autel latéral. Le second autel latéral est livré en 1812.

En 1815, Louis Daniel Finsterer engage le sculpteur FRANÇOIS SÉRAPHIN BERTRAND, originaire du Sault-au-Récollet, pour l’assister. Il livrera les lustres pour l’église en 1831.

En 1819, JEAN GEORGES FINSTERER réalise un couronnement.

1822

Construction de l’actuel presbytère de style néo-classique sur l’emplacement du premier presbytère-chapelle devenu désuet, incluant la première section du chemin couvert.

1826-1828

YVES TESSIER (1800-1847) peint les quatre grandes toiles de la nef qui représentent les docteurs (grands théologiens) de l’Église latine : La vision de saint Jérôme, saint Ambroise refusant l’entrée au temple à l’empereur Théodose, saint Augustin guérissant un malade et le songe de saint Grégoire.

En 1831 et 1832, deux autres tableaux d’YVES TESSIER s’ajoutent près des fonds baptismaux situés à l’entrée de l’église : Le baptême du Christ et L’ange montrant le ciel à un enfant.

1831

La maison du bedeau (aujourd’hui une résidence privée) est construite côté ouest du presbytère. Au départ, ce bâtiment servait d’école pour les filles, les garçons continuant de recevoir leurs cours au 2e étage du presbytère.

En 1879, après la construction d’une école au cœur du village, il devient le lieu de résidence des différents bedeaux.

1833
Installation du premier orgue « Bourdon ».
1837
Acquisition du premier chemin de croix.
1840
Construction du Calvaire sur le Chemin Évangéline par LOUIS DANIEL FINSTERER. Il a réalisé aussi deux rondes-bosses : Le Christ en croix et L’Ange à la trompette qui y prennent place à ce moment-là. Agrandissement de la sacristie de l’église
1840
Le 12 mai, baptême de ALODIE-VIRGINIE PARADIS qui deviendra MÈRE MARIE-LÉONIE, fondatrice des Petites Sœurs de la Sainte-Famille, béatifiée par le pape Jean-Paul II à Montréal lors de sa visite du 13 septembre 1984.
1841
La porte du chemin couvert est percée dans la muraille et on ajoute la partie menant à la sacristie.
1842
Le 15 juillet, visite de Mgr Ignace Bourget. Il consacre le maître-autel.
1850-1852
Restauration des bancs, de certaines fenêtres, de la voûte et des planchers de la nef par l’artisan JEAN-BAPTISTE MAILLOUX.
1869
L’orgue « Mitchell » remplace le premier orgue.
1890

Grands travaux de restauration intérieurs et extérieurs : Remplacement du tableau au-dessus du maître-autel.

Décor baroque peint en trompe-l’œil à l’intérieur de l’église; l’artiste JOSEPH-THOMAS ROUSSEAU (1852-1896) réalise les médaillons de la voûte.

1904

Mgr Bruchési bénit le nouveau chemin de la croix de « style Saint-Sulpice ». Le chemin de croix d’origine disparaît.

1925

Reconstruction du calvaire après un incendie.

1929

Achat d’un troisième orgue sorti des « Orgues canadiennes de Saint-Hyacinthe ».

1955

Décapage des murs extérieurs de l’église; toit peint vermillon.

A l’intérieur, la majeure partie du décor en trompe-l’œil peint par ROUSSEAU et datant de 1890 disparaît.

Les dorures des panneaux du chœur sont mises en relief sur les panneaux peint bleu pâle.

1957

L’église est classée monument historique.

1969

Réfection complète du toit et du clocher.

La toiture vermillon (tôle à la canadienne) est remplacée par un revêtement en bardeaux de cèdre de Colombie-Britannique.

1974

Dans l’église, les lustres installés en 1927 avec l’arrivée de l’électricité sont remplacés, sauf pour le lustre du chœur.

1982
FÊTES DU BICENTENAIRE.

Nouvelle restauration de l’intérieur. Les bancs perdent leur imitation de bois naturel et sont peints beige rosé, les murs blanc cassé. Un nouveau chemin de croix datant de 1876 est installé.

1984

L’orgue est remis à neuf sous la direction du Frère Aurèle Laramée des Frères maristes d’Iberville. Un septième jeu est ajouté.

1992

L’ange à la trompette du calvaire, sculpté par LOUIS DANIEL FINSTERER, est restauré et replacé sur le mur de l’église face à la chaire afin de le préserver.

2000

Départ du dernier curé résidant. Dernière grande collecte de fonds pour subvenir aux besoins de la paroisse en déclin.

2001

Réfection de la toiture de l’église en tôle canadienne.

2003

Fusion de sept paroisses dont Sainte-Marguerite-de-Blairfindie en une seule, soit la grande paroisse de Saint-Jean-l’Évangéliste.

2008

Signature d’un protocole d’entente entre la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu et la Fabrique de la paroisse de Saint-Jean-l’Évangéliste pour la sauvegarde du presbytère.

2009

Création d’un OBNL « Les amis du presbytère de L’Acadie », pour restaurer, préserver et mettre en valeur ce bâtiment.

2014

En novembre, la Fabrique de la grande paroisse Saint-Jean-l’Évangéliste annonce la fermeture de trois lieux de culte dont celui de Sainte-Marguerite-de-Blairfindie.

2015

En janvier, l’OBNL « Les amis de l’église patrimoniale de L’Acadie » reçoit ses lettres patentes et tient son assemblée de fondation le 10 avril 2015.

2016

Le 11 septembre, « Les amis de l’église patrimoniale de L’Acadie » dévoilent le MONUMENT DE L’ODYSSÉE ACADIENNE, généreusement financé par la Compagnie Tremcar, dans le Parc des Ancêtres ainsi qu’une MURALE HISTORIQUE « L’Acadie d’hier à aujourd’hui, les bâtisseurs », œuvre de Madame Hélène Ferdais, sur le mur nord de l’école Napoléon-Bourassa.

2017

Le 30 août, devant notaire, La Fabrique de la paroisse Saint-Jean-l’Évangéliste vend à la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu l’ensemble patrimonial de L’Acadie.

Le 1er novembre, signature d’un protocole d’Entente entre la Ville et « Les Amis de l’église patrimoniale de L’Acadie » par lequel la VILLE confie à l’ORGANISME un mandat de gestion, d’animation, de programmation, de préservation, d’entretien, de coordination des utilisations et de mise en valeur des édifices patrimoniaux que sont l’église, le calvaire et le presbytère de Sainte-Marguerite-de-Blairfindie et ceci afin d’en faire connaître l’histoire et d’en promouvoir l’utilisation à des fins de diffusion et d’animation culturelle

En décembre, l’organisme « Les Amis de l’église patrimoniale de L’Acadie » retient les services de M. Christian Poupart, comme Coordonnateur du site patrimonial de L’Acadie.

2018

Les deux OBNL, « Les amis du presbytère de L’Acadie » et « Les amis de l’église patrimoniale de L’Acadie » fusionnent pour assurer la restauration, la pérennité et la mise en valeur de « PATRIMOINE L’ACADIE ».


Sources : Marilou Desnoyers, L’ensemble sculpté de l’église Sainte-Marguerite-de-Blairfindie : l’oeuvre manifeste de Jean Georges (1747-1839) et de Louis Daniel (1791-1849) Finsterer, père et fils, Mémoire, Maîtrise en histoire de l’art, Montréal, Université du Québec à Montréal, 2015, 256 feuillets, ill. ; Marilou Desnoyers, L’église Sainte-Marguerite-de-Blairfindie. Lieu de mémoires, Saint-Jean-sur-Richelieu, Éditions Lambda, 2016, 79 p. ill. ; Marilou Desnoyers, Regard sur 350 ans d’histoire. Saint-Jean-sur-Richelieu, Saint-Jean-sur-Richelieu, Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, 2016, 186 p. ill.